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L
a m a . J i g m é . R i n p o c h é
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> P a r o l e s
La méditation en action
page 1
Les
caractéristiques du lieu de méditation
La
première condition consiste à trouver
un endroit calme, agréable, propice à
la méditation et n'incitant pas à
la distraction. Mais attention ! N'oublions jamais
que si le calme devenait une nécessité,
la tranquillité extérieure pourrait
s'avérer être un obstacle ; en effet
le moindre bruit extérieur perturberait
notre méditation. L'endroit propice à
la méditation n'est pas forcément
un lieu retiré où rien ne doit interférer,
mais plutôt un endroit où nous pouvons
maintenir notre esprit dans le calme et la concentration
quelles que soient les circonstances extérieures.
Avant même de rechercher un tel lieu, il
importe de bien savoir à quoi l'on se destine,
vers quel but on se dirige, et ce qui est nécessaire
pour le développement de l'état
de non-distraction. A partir de cette réflexion,
on peut réellement déterminer les
caractéristiques du lieu et les utiliser
correctement.
La
diminution des désirs
La
deuxième condition consiste en la diminution
des désirs. Ainsi, nous devons devenir
conscients du fait que la plupart du temps nous
sommes en train de désirer quelque chose.
Nous souhaitons toujours davantage, ce qui a
pour effet d'entraîner l'esprit dans un
état d'effervescence et de perpétuelle
insatisfaction. Diminuer les désirs n'implique
pas de pratiquer le renoncement, mais d'être
vigilant face à leur développement
; les plus petits désirs passent parfois
inaperçus. Devenant conscient des désirs,
on s'en libère progressivement, ce qui
procure un certain bien être. La réduction
des plaisirs rie signifie pas s'imposer une
pauvreté volontaire, mais prendre conscience
des causes responsables de notre malheur. Très
souvent, nous souffrons de maux : c'est le mal
du siècle. Cependant nous n'en connaissons
pas vraiment l'origine. En observant la cause
de cette souffrance, nous nous rendons compte
que nous sommes toujours en quête d'autre
chose, insatisfaits de ce que nous possédons
déjà. Cette insatisfaction est
la cause réelle de tous nos maux. Sans
essayer de tout rejeter en vivant dans la pauvreté
absolue, on considère ce que l'on possède
déjà et on tente de s'en satisfaire.
La
pratique du contentement
La troisième condition s'appelle la pratique
du contentement. Elle est très liée
à la diminution des désirs et a
pour objet la situation dans laquelle on se trouve.
Par exemple, il se peut qu'on soit insatisfait
de ses possessions, de sa situation géographique,
morale, physique, etc. ce qui provoque souffrance
et instabilité. La pratique du contentement
se déploie au travers de la capacité
de voir aussi clairement que possible les circonstances
intérieures et extérieures dans
lesquelles on est plongé, et de les accepter
tel quel, sans les rejeter. L'acceptation des
situations ramène l'esprit à un
calme qu'il a tendance à perdre trop souvent.
Eviter toute perte de temps
La
quatrième condition
consiste à ne pas gaspiller
son temps en s'adonnant à
des activités dénuées
de sens. Nous souffrons tous
d'un perpétuel manque
de temps parce que nous passons
la majeure partie de celui-ci
dans des activités
dont certaines ne sont pas
essentielles. Cette sensation
de manquer de temps engendre
une insatisfaction de l'esprit
pouvant perturber la méditation.
L'idéal serait d'accomplir
chaque chose en possédant
devant soi le temps nécessaire.
Quand on médite, on
devrait éviter de penser
à ce que l'on fera
après ; il faut simplement
être là. De même,
lorsqu'on accomplit une action,
on devrait être centré
sur elle, et non sur l'action
précédente ou
la suivante. En fait on a
tout le temps pendant l'action.
Mais si l'on s'engage dans
des activités consommatrices
de temps et d'énergie
et n'apportant rien de réel,
en prenant conscience de cela
on se sent mal à l'aise.
Pour parvenir à un
résultat positif, on
doit supprimer les actions
superflues consommatrices
d'énergie, et prendre
conscience de cette perpétuelle
anxiété de "n'avoir
pas le temps".
La
cinquième condition
consiste à avoir une
conduite éthique. En
général la conduite
éthique se traduit
par la prise des vux
: c'est la conduite monastique.
Ici, il ne s'agit pas de cela,
mais d'avoir clairement présents
à l'esprit la nécessité
et le bien-fondé d'un
certain nombre d'actions,
les actes positifs, et de
savoir pourquoi ils sont positifs.
Il faut aussi prendre conscience
du caractère nuisible
d'un certain nombre d'autres
actions et savoir pourquoi
elles sont nuisibles.
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